image

Je marche dans cette ville faite de béton et encore de béton…. Je sens la nostalgie des vieilles pierres de mon bon vieux continent monter.. Et puis c’est la colère qui vient. Je suis sur un charnier. Je me sens trahi. Je sens l’imposture à tous les coins de rues. Je me demande ce que je suis venue faire ici.

Enfin la nuit apaise, la nuit informe.  Rien n’est jamais souffrance gratuite. Alors je comprends, je me vois. J’ai d’abord le réflexe de me sentir appartenant au peuple Amérindiens qui a tant souffert, qui s’est senti trahi, souillé, bousculé, déshérité, arraché à ses terres, à son savoir,  à sa vie.

je suis du bon côté ( celui des gentils) ma colère est légitime ! Mais de la colère contre qui ? Contre les enfants des enfants des enfants…de ces troupes de cavaliers étrangers ? Personne ici n’est à blâmer… juste un vague souvenir. Alors que faire de cette colère ?

Et puis vient cette idée pour me rafraîchir la mémoire.

Si nous avons tant de vies ( parallèles, simultanées) j’ai été sans aucun doute, celui qui pille, celui qui égorge et celui qui viole. Alors pourquoi cette colère ?

Je sais qu’elle se manifeste lorsque je regarde qu’une partie de la scène. Quand j’oublie que les événements sont le résultat d’une expérience. Mon Être n’est pas l’enfant Apache qui voit ses terres dévastées. Il n’est pas non plus l’homme qui viole sa sœur… Mon Être fait des expériences, focalise un morceaux de conscience dans un corps, dans des corps, des vies, des milliers de vies…, pour sentir toutes les émotions possibles.

C’est alors que le pardon est possible.

Je me pardonne pour cet oubli. Je me pardonne pour ces expériences que je me suis fait vivre.

Je suis consciente aujourd’hui du jeu. Je peux stopper ces réflexes de dualité. Je m’autorise à sentir la peine qui m’envahit et je lave mon cœur à chaudes larmes.

je suis le résultat de tout ce que j’ai été. Et je n’ai pas seulement été la victime mais l’oppresseur aussi. Cette prise de conscience me permet de choisir aujourd’hui quel genre de personne/ personnage j’ai envie d’être ( forte de toutes ces expériences) dans cette vie !

L’aventure continue, mes amis, et elle est de plus en plus palpitante à mesure que l’on grandit, et nous avons ce choix de nourrir la séparation ou l’unité.

je choisis l’unité.

Je vous aime.

 

Publicités